Je suis comme vous. Je l’ai vue. Comme plus d’un milliard d’autres humains. La pub du distributeur avec le loup. Reconnaissons qu’elle est belle. J’y ai retrouvé l’âme des Disney de mon enfance, ce petit « truc en plus » qui masquait la méchanceté de certains personnages derrière une finesse exquise du dessin , rendant ces films extraordinaires d’humanité. Bravo pour cela. Soyons fiers que cela soit une entreprise française, tant qu’il en reste, qui a conçu ce court métrage, fait à la main dans ses studios, sans IA ou presque. Ceci explique peut-être cela. Beaucoup d’interviews reviennent sur les détails. Je n’insiste pas. Encore bravo. Mais…Car il y a un mais ! Sur le fond ? Pour ne plus être le mal aimé, comme le dit la bande sonore, ce loup renonce à sa nature profonde, celle d’un prédateur, ayant sa place comme chacun dans la chaîne alimentaire. Il devient végétarien. Il va devoir ingurgiter ampoules de vitamine et fer en comprimés…Quand aux protéines animales, ce sera compliqué. Et ce loup seul ne vit pas en meute ? C’est-à-dire hors socialisation, essentielle chez ces animaux ? Serait-il plus attiré par un écureuil que par une louve bien roulée ? C’est son droit le plus strict et pourtant ce n’est pas une pub pour la caisse d’épargne. Je vois déjà les rageux me dire que c’est « bien » de ne plus manger les autres. Mais c’est « bon » une entrecôte dans un resto sympa. Pourvu que l’animal soit tué sans souffrance, ce qui pour le coup est le respecter. Donc évidemment, je ne fais pas la promotion de la sauvagerie. Mais se connaître et parfois dompter sa nature au lieu de la bouleverser est une autre piste intéressante, s’éloignant de l’anthropomorphisme béat des écolos n’ayant jamais vu une bête ailleurs qu’au salon de l’agriculture. D’ailleurs, en reparlant des interviews des concepteurs, dans l’une d’elles la dernière phrase du dirigeant de l’agence romance est : « c’est la première pub écolo ». Voilà le paradoxe d’un monde où l’on croit possible de dominer l’ordre naturel des choses pour y substituer une morale bien-pensante anthropocentrée. J’appelle cela l’écologie castratrice, Tout le contraire de l’écologie véritable. Et si le loup ne cède pas, il ira probablement à l’est en camp de rééducation véganique. De plus, je lis ce jour qu’il y aurait eu un plagiat sur le scénario (Libération le 17/12). Chassez le naturel… Car la nature des agences de pub est de faire de la pub et du chiffre d’affaires, c’est normal. De faire parler d’elle et de sa pub, c’est normal. De vouloir faire de la morale, ce n’est pas normal. La même semaine, le « désespéré » de Gustave Courbet est cédé au Qatar, discrètement. Pas de préemption de l’état. La première propriétaire n’avait pas souhaité le vendre aux Émirats ou au Qatar…La pauvre. Le tableau nous est prêté pendant cinq ans, l’accord de partenariat avec le Qatar est resté secret. Intéressez-vous à l’histoire, cela vaut la peine. Le point commun de ces deux faits ? Le RENONCEMENT. D’abord à sa nature, puis à sa culture. Je pense que ces personnes ne s’aiment pas. Hé bien sachez que je ne renonce pas à être qui je suis et à aimer notre culture, pour mieux aimer mon prochain en cette période de la Nativité.
Bonnes fêtes de Noël à Tous.