Je vous partage ce nouveau billet d'humeur d'un de nos nouveaux auteurs BBR (prononce Béber, s'il vous plait), je le trouve toujours percutant et plein de finesse et j'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que moi.
Bonne lecture
MES VŒUX POUR NOTRE PAYS
Hier j’ai regardé une émission de télévision et je suis allé chez mon boucher de quartier.
Quel rapport avec mon sujet me direz-vous ?
Je vais y venir : Au milieu du déni de réalité, des prédictions cataclysmiques ou des promesses intenables, j’ai voulu trouver un véritable espoir pour 2026 et y rapporter mes vœux pour notre chère patrie.
Commençons par l’émission de télévision (Wheeler dealer France, R5 Gordini), où des professionnels rénovent des véhicules anciens. Ils sont devant le défi de refaire un collecteur d’admission, pièce en inox en forme de 4 tuyaux d’orgues coudés et juxtaposés, qui doivent s’ajuster parfaitement à leurs extrémités avec les carburateurs et le moteur. Le véhicule étant un prototype de Renault Gordini unique, la pièce n’existe plus. Les animateurs font appel à une entreprise qui vient modéliser le moteur au laser, conçoit une pièce en impression 3D pour vérifier les cotes et finalement un soudeur orfèvre dans son domaine crée la pièce en acier inoxydable. En plus d’être efficace, ce collecteur d’admission est esthétique. Alliage de modernité et de tradition au service de notre patrimoine, avant que les véhicules électriques chinois ne ruinent ce qui reste de l’industrie et du génie automobile européens. Bien sûr, les rageux diront que c’est scénarisé, voire « bidonné », mais le travail d’orfèvre est bien là. L’entreprise est une PME, avec un patron jeune. De celles qui font vivre les employés sans qu’ils soient des variables d’ajustement pour les dividendes. C’est ce type d’entreprise, de tous domaines, qui subit notre situation économique de plein fouet : Absence de
commande, absence de possibilité de développement par absence de chemin politique clair, multiplications des contraintes. A chaque fois que l’une d’elles ferme, par faillite ou épuisement, c’est une partie de nos forces vives qui nous quittent, et qui sont perdues à jamais dans les méandres de pôle-emploi. Pardon, de France Travail…
Puis je me suis rendu chez le boucher du quartier. Il fabrique avec son équipe du « fait maison », du « jambon sans nitrite » et sa viande est délicieuse. Et pour ainsi dire au même prix qu’au supermarché. Sauf que le boucher assume ce qu’il vend et doit satisfaire ses clients. En plus, lorsque c’est possible, on peut échanger le bout de gras. Bref la vraie vie, par rapport au rayon impersonnel où le choix du morceau s’effectue sans conseil avisé.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir là un jeune homme en apprentissage. Déjà muni de la tenue classique de l’établissement, il a découpé un os sous le regard du patron, prompt à guider son geste encore maladroit, puis s’est mis à astiquer le billot avec ardeur, voulant certainement en faire le plus propre de la région…
J’ai souri. C’était beau à voir. J’ai félicité ce jeune homme pour son apprentissage d’un métier difficile et surement bientôt dans le viseur woke…
C’était l’alliance de la transmission du savoir du sachant à la volonté d’apprendre de la jeunesse. Cette douce alchimie qui fait que tout ne doit pas être réappris par chaque nouvelle génération, ce qui lui permet ensuite de laisser de la place à sa créativité si elle ledésire. En effet, commettre ses propres erreurs prend déjà du temps, s’il fallait en plus faire celles de nos prédécesseurs, tout serait terminé depuis des lustres.
Et revoilà mes vœux, mon cher pays : qu’il y ait toujours en 2026 de la volonté d’excellence, de la volonté de produire, de transmettre et d’apprendre. Ces deux exemples me redonnent du baume au cœur pour toi, mon cher pays. Je suis persuadé que nous sommes nombreux à
souhaiter l’alliance du jeune et du vieux, du progrès et de la tradition, du passé et du futur.
C’est certainement une des raisons de notre existence séculaire.
Je ne suis pas naïf, le temps est au découragement collectif par manque de cap.
Mais je crois que c’est à nous de montrer le chemin et de capter ces moments d’espoir, chacun à notre niveau.
Quand aux rageux, je leur dirai ceci : « Quand le vent se lève, même le sable du désert recule ».
BBR